Vos remises secrètes vous attendent
Publié par Bruno dans Expertise ProSaveurs le 20/04/2026 à 13:32
Il y a dix ans, un client allergique aux fruits à coque posait la question à son serveur et croisait les doigts pour avoir une réponse fiable. Depuis 2015, la loi a changé la donne : informer vos clients sur les allergènes présents dans vos plats n'est plus une bonne pratique — c'est une obligation légale qui s'impose à tout professionnel qui remet de la nourriture à un consommateur final.
Restaurateurs, traiteurs, gérants de cantines, responsables de restauration collective : ce guide fait le point sur ce que la loi exige concrètement, comment l'appliquer sans y passer des heures, et comment transformer cette contrainte en élément de confiance visible pour vos clients.
Le texte de référence est le règlement européen n° 1169/2011 concernant l'INformation des COnsommateurs sur les denrées alimentaires, dit règlement INCO, entré en application le 13 décembre 2014 en France. Il a été complété par le décret n° 2015-447 du 17 avril 2015 qui précise les modalités pour la restauration.
Qui est concerné ? Toute personne physique ou morale qui remet des denrées alimentaires non préemballées à un consommateur final. En clair : restaurants, brasseries, cafés qui servent de la nourriture, fast-foods, snacks, food trucks, restauration collective (cantines, restaurants d'entreprise, établissements scolaires), traiteurs en prestation directe, boulangers qui vendent des sandwichs ou des plats traiteur, et buffets organisés par des traiteurs événementiels.
Les traiteurs sont-ils vraiment concernés ? Oui, pleinement. Dès lors qu'un traiteur sert un buffet, livre des plateaux-repas ou prépare des prestations pour un événement, les plats proposés doivent être accompagnés d'une information allergènes accessible aux convives. Beaucoup d'acteurs de l'événementiel l'ignorent encore — c'est pourtant la même obligation que pour un restaurant à la carte.
Ce qu'il faut déclarer : la présence intentionnelle de l'un des 14 allergènes majeurs dans les ingrédients d'un plat. Pas les traces éventuelles de contamination croisée (ce n'est pas imposé par la loi, mais vous pouvez choisir de les signaler), les ingrédients dérivés d'un allergène le sont aussi : la sauce soja contient du gluten, le beurre contient du lait, la mayonnaise industrielle contient des œufs — tous doivent être déclarés si présents.
Le règlement INCO liste ces 14 substances ou produits allergènes à déclaration obligatoire :
Céréales contenant du gluten — blé, seigle, orge, avoine, épeautre, kamut et leurs hybrides. Sources fréquentes en restauration : farine, pain, pâtes, bière, sauces liées à la farine.
Crustacés — crevettes, homard, crabe, langoustine. Attention aux bouillons et aux bases de sauce.
Œufs — toutes formes. Mayonnaise maison, pâtes fraîches, pâtisseries, appareil à quiche.
Poissons — toutes espèces. Y compris sous forme de sauce (sauce Worcester, certaines sauces soja fermentées).
Arachides — cacahuètes, huile d'arachide non raffinée, certaines pâtes à tartiner.
Soja — tofu, lait de soja, sauce soja, lécithine de soja (présent dans de nombreux produits industriels).
Lait — tous les dérivés : beurre, crème, fromage, lactose, caséine.
Fruits à coque — amandes, noisettes, noix, noix de cajou, pistaches, noix de pécan, noix du Brésil, noix de macadamia.
Céleri — céleri-rave, graines de céleri, sel de céleri. Présent dans de nombreux mélanges d'épices et stocks du commerce.
Moutarde — graines, poudre, condiment. Attention aux vinaigrettes et marinades.
Graines de sésame — tahini, pain au sésame, huile de sésame, certaines panures.
Dioxyde de soufre et sulfites (> 10 ppm) — vins, vinaigres, fruits secs, jus de fruits, certains jambons et charcuteries.
Lupin — farine de lupin (utilisée dans certains pains et pâtes), graines.
Mollusques — moules, huîtres, calmars, pieuvre, escargots.
Le règlement INCO laisse une liberté de forme, mais pose une exigence de fond : l'information doit être disponible, accessible et lisible avant la commande. Trois formats sont couramment utilisés.
Vous signalez les allergènes directement sur la carte, en face de chaque plat — par un code couleur, des icônes ou les abréviations standardisées (Glu, Cru, Œuf…). C'est la solution la plus visible pour le client, mais la plus contraignante à maintenir : chaque changement de recette ou de fournisseur exige une mise à jour de la carte imprimée.
Un document dédié — généralement un tableau à double entrée (plats × allergènes) — est tenu à la disposition des clients sur demande ou affiché en permanence. Il peut être plastifié et glissé dans le porte-menu, affiché au comptoir ou placé sur les tables. C'est la solution la plus répandue en restauration commerciale : elle découple la gestion des allergènes de la gestion de la carte.
Un serveur formé peut répondre oralement aux questions d'un client allergique, à condition de pouvoir s'appuyer immédiatement sur un document écrit tenu à jour. Ce format seul — sans aucun support écrit — n'est pas recommandé : il expose l'établissement en cas de litige et ne laisse aucune trace en cas de contrôle.
Le format le plus robuste en pratique : un registre imprimé et plastifié, inséré dans le porte-menu ou disponible à l'accueil, mis à jour à chaque modification de carte. Il combine disponibilité permanente, traçabilité et facilité de mise à jour.
Confondre "ingrédient allergène" et "trace éventuelle". Seule la présence intentionnelle d'un allergène comme ingrédient est obligatoire à déclarer. La mention "peut contenir des traces de…" est facultative — utile pour les clients très sensibles, mais non imposée par la loi.
Ne pas mettre à jour le registre quand on change de fournisseur. Un jambon blanc d'une nouvelle marque peut contenir des sulfites quand l'ancien n'en contenait pas. Le registre n'est valable que s'il reflète les recettes et les produits réellement utilisés.
Croire que la restauration collective est exemptée. Les cantines scolaires, les restaurants d'entreprise et les établissements de santé sont soumis aux mêmes obligations. La seule nuance concerne les modalités de communication, pas l'obligation elle-même.
Négliger les préparations "maison" à base de produits semi-finis. Une sauce du commerce, une pâte feuilletée industrielle, un bouillon en cube — tous peuvent contenir des allergènes qui ne sautent pas aux yeux. La lecture systématique des étiquettes fournisseurs est indispensable avant de renseigner votre registre.
En cas de contrôle par la DDPP, l'absence de tout document allergène peut exposer l'établissement à une amende. Mais au-delà de la sanction, c'est la responsabilité civile de l'exploitant qui est engagée en cas d'incident sanitaire lié à un allergène non déclaré.
ProSaveurs met à disposition un générateur de registre des allergènes gratuit et en ligne, sans inscription et sans que vos données ne quittent votre appareil. Le principe est simple : vous saisissez vos plats par catégorie, vous cochez les allergènes présents, et vous imprimez en format A4 portrait ou paysage selon la taille de votre carte.
Le document généré est directement imprimable, plastifiable, et prêt à être glissé dans votre porte-menu ou présenté lors d'un contrôle sanitaire.
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Un registre allergènes n'a de valeur que s'il est disponible et consultable. La solution la plus pratique — et la plus crédible visuellement — est un document plastifié inséré dans un porte-menu professionnel. Cela lui donne un statut de document officiel aux yeux des clients, et simplifie la consultation sans encombrer la table.
Découvrez notre sélection de porte-menus professionnels pour la restauration — formats A4 et A5, couvertures rigides ou souples, adaptés à tous les styles d'établissement.
Un restaurant qui n'a pas de plats avec allergènes est-il quand même concerné ? Oui. L'obligation s'applique à tous les établissements, même si votre carte ne contient aucun des 14 allergènes. Dans ce cas, votre registre indiquera simplement qu'aucun allergène n'est présent — ce qui est en soi une information utile pour vos clients et une preuve de rigueur lors d'un contrôle.
Les traiteurs qui travaillent uniquement pour des professionnels (B2B) sont-ils concernés ? L'obligation INCO s'applique à la remise directe au consommateur final. Un traiteur qui livre des plateaux-repas à des salariés, sert un buffet à des convives lors d'un événement, ou fournit des repas à une cantine est bien en contact avec des consommateurs finals — il est donc concerné. En revanche, un simple grossiste qui revend des denrées préemballées à d'autres professionnels sans les remettre directement au consommateur final n'est pas soumis aux mêmes règles.
À quelle fréquence dois-je mettre à jour mon registre ? À chaque modification de carte, chaque changement de fournisseur pour un ingrédient susceptible de contenir un allergène, et chaque fois qu'un ingrédient "maison" est reformulé. Une bonne pratique est d'intégrer la vérification du registre à votre processus de changement de carte saisonnière — c'est le moment naturel où les recettes évoluent.
Un client peut-il porter plainte si mon registre est incomplet ? Oui. En cas d'incident sanitaire lié à un allergène non déclaré, la responsabilité civile — et potentiellement pénale — de l'exploitant peut être engagée, indépendamment de toute procédure administrative. Le registre tenu à jour est à la fois une obligation légale et une protection.
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